Kaimoku ou Mokusō Yame ? Et si la différence allait au-delà des mots ?
Un élève a demandé au dojo pourquoi dire « Kaimoku » plutôt que « Mokusō Yame ». Les deux sont corrects, mais le choix des mots dit quelque chose de la méditation et de la conscience dans l'action.
Lors d'un cours au dojo, un élève m'a interpellé sur l'utilisation du commandement « Kaimoku » plutôt que « Mokusō Yame », après avoir effectué ses propres recherches.
Je tiens d'abord à le remercier pour cette intervention, car c'est aussi cela, le karaté-do : questionner, réfléchir, échanger et chercher à comprendre au-delà des habitudes et des traditions.
Deux expressions, deux sens
Les deux expressions sont utilisées dans le karaté :
- Mokusō Yame : arrêter la méditation.
- Kaimoku : ouvrir les yeux.
Les deux sont correctes, mais cette discussion m'a permis d'expliquer pourquoi je privilégie personnellement « Kaimoku » dans mon enseignement.
Pourquoi faudrait-il arrêter de méditer lorsque nous ouvrons les yeux ?
Pour moi, le Mokusō n'est pas simplement un moment de calme avant ou après un cours. C'est une invitation à entrer dans un état de conscience, de présence et de disponibilité.
Avec Kaimoku, nous ouvrons les yeux, mais nous ne quittons pas nécessairement cet état intérieur.
Au contraire, nous cherchons à le prolonger…
- Dans le salut, avec respect et sincérité.
- Dans le kihon, avec conscience de chaque mouvement.
- Dans le kata, avec une présence totale dans l'instant.
- Dans le kumite, même au cœur de l'intensité, de la vitesse et de la confrontation.
Et pourquoi pas, au-delà du dojo, dans notre vie quotidienne ?
Cela rejoint des notions comme le Zanshin, cette vigilance qui demeure, ou le Mushin, cet esprit libre qui ne se laisse pas enfermer par les pensées.
Un choix, pas une vérité
Bien entendu, dire « Mokusō Yame » ne signifie pas nécessairement perdre cette conscience. Il marque simplement la fin de l'exercice formel de méditation.
Ma préférence pour « Kaimoku » est donc avant tout un choix philosophique et pédagogique, et non une affirmation selon laquelle une formule serait meilleure que l'autre.
Nous fermons les yeux pour nous recentrer. Nous les ouvrons pour vivre pleinement cette conscience dans l'action.
Encore merci à cet élève d'avoir initié ce débat devant le groupe. Un enseignant n'est pas là uniquement pour transmettre des réponses, mais aussi pour accueillir les questions qui permettent à chacun, lui compris, de faire évoluer sa réflexion.
Le karaté-do n'est pas seulement une pratique du corps. C'est aussi un cheminement de l'esprit.
Et vous, comment percevez-vous cette différence entre Kaimoku et Mokusō Yame ?
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